Déportée à 11 ans à Ravensbrück puis à Bergen-Belsen avec ses deux petits frères, l’une des dernières survivantes de la Shoah témoigne à hauteur d’enfant avec une émotion intacte.
« Quand nous sommes revenus, nous ne pouvions parler à personne de cet enfer, de ces souffrances quotidiennes, de cette vie de bêtes battues que nous avions menée pendant près de deux ans, dans une inhumanité indigne et impardonnable. Nous étions traumatisés et nous nous taisions. »
Raflée par les Nazis à Roubaix la nuit du 27 octobre 1943 avec toute sa famille, Lili Rosenberg-Keller, connue aujourd’hui sous le nom de Lili Leignel, n’avait que 11 ans quand elle a connu l’enfer des camps de Ravensbrück, puis Bergen-Belsen. Avec elle, sa courageuse et tant aimée mère, Charlotte, et ses deux petits frères, Robert, 9 ans, et André 3 ans et demi. Leur père, Joseph, arrêté avec eux, sera, lui, déporté à Buchenwald et fusillé trois jour avant la libération du camp. C’est seuls, sans leurs parents, que les trois enfants rentreront des camps de la mort, comme ils y sont arrivés, dans des wagons à bestiaux, ne sachant ce que sont devenus leurs père et mère. Le témoignage de Lili Leignel, 94 ans aujourd’hui est unique, car c’est encore avec ses yeux d’enfants qu’elle revit chaque jour les longs mois de survie.